Mon
Carnet George Sand pagina facebook, extrase si arhiva George Sand scriitoare
franceza
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https://www.facebook.com/MaisonDeGeorgeSandANohant/
"On ne fait un journal que
quand les passions sont éteintes ou qu'elles sont arrivées à l'état de
pétrification qui permet de les explorer comme des montagnes d'où l'avalanche
ne se détachera plus."
George Sand, extrait du Journal
Intime 1834.
Photo : Mon carnet George Sand
couverture, lettre manuscrite et differentes signatures de George Sand.
*
Agenda George Sand, jeudi 03 décembre 1874 à Nohant.
"Tout cela était beau de
force ou de grâce : le paysage, l'homme, l'enfant, les taureaux sous le joug;
et, malgré cette lutte puissante, où la terre était vaincue, il y avait un
sentiment de douceur et de calme profond qui planait sur toutes choses."
George Sand, extrait de La mare
au Diable, Nohant 1846.
Photo : Extrait manuscrit de la
mare au Diable par George Sand, photo d'un homme de dos sur la route de Nohant
en 1900, dessin de Maurice Sand avec une annotation de la main de Maurice
Sand : Frontal de paille tressée attaché au joug par des courroies, Nohant,
1850. Tableau représentant George Sand en 1838 par Auguste Charpentier.
*
"J'ai passé les trois
quarts de ma vie ainsi, et pour ainsi dire à l'état latent. Je crois bien que
je mourrai sans avoir réellement songé à vivre, et pourtant j'aurai vécu à ma
manière, car rêver et contempler est une action insensible qui remplit
parfaitement les heures et occupe les forces intellectuelles sans les trop user."
George Sand, extrait de
l'histoire ma vie.
Photo : Les volumes de
l'Histoire ma vie, portrait de George Sand, d'après Masson de Boilly
Julien-Léopold ou Boilly Jules.
*
"J’aime la rêverie, la
méditation et le travail ; mais, au-delà d’une certaine mesure, la tristesse
arrive, parce que la réflexion tourne au noir, et si la réalité m’apparaît
forcément dans ce qu’elle a de sinistre, il faut que mon âme succombe, ou que
la gaieté vienne me chercher."
George Sand, etrait de
l'Histoire ma vie.
Photos : Nohant, la rêverie (la
chambre) la médiatation (le jardin) et le travail (le bureau).
*
"Un soir que nous avions dîné chez Balzac d'une manière étrange, … il
alla endosser une belle robe de chambre toute neuve, pour nous la montrer avec
une joie de petite fille, et voulut sortir ainsi costumé, un bougeoir à la
main, pour nous reconduire jusqu'à la grille du Luxembourg. Il était tard,
l'endroit désert, et je lui observais qu'il se ferait assassiner en rentrant
chez lui. « Du tout, me dit-il ; si je rencontre des voleurs, ils me prendront
pour un fou, et ils auront peur de moi, ou pour un
prince, et ils me respecteront ». Il faisait une belle nuit calme. Il nous
accompagna ainsi, portant sa bougie allumée dans un joli flambeau de vermeil
ciselé, parlant des quatre chevaux arabes qu'il n'avait pas encore, qu'il
aurait bientôt, qu'il n'a jamais eus, et qu'il a cru fermement avoir pendant
quelque temps. Il nous eût reconduits jusqu'à l'autre bout de Paris, si nous
l'avions laissé faire."
George Sand
Photo : Balzac, entrée de l'une
de ses nombreuses habitations à Paris 16éme.
*
"Puisque toute religion
est une fiction, faisons roman qui soit une religion ou religion qui soit un
roman. Je ne crois pas à mes romans, mais ils me donnent autant de bonheur que
si j'y croyais. D'ailleurs, s'il m'arrive d'y croire de temps en temps,
personne ne le saura, personne ne contrariera mon illusion en me prouvant que
je rêve."
George Sand, extrait de
l'Histoire de ma vie.
*
" Que faire donc pour égayer les heures de la vie en commun dans l’intimité
de tous les jours ? Parler politique occupe les hommes en général, parler
toilette dédommage les femmes. Je ne suis ni homme ni femme sous ces
rapports-là ; je suis enfant. Il faut qu’en faisant quelque ouvrage de mes
mains, qui amuse mes yeux, ou quelque promenade qui occupe mes jambes,
j’entende autour de moi un échange de vitalité qui ne me fasse pas sentir le
vide et l’horreur des choses humaines.Accuser,
blâmer, soupçonner, maudire, railler, condamner, voilà ce qu’il y a au bout de
toute causerie politique ou littéraire, car la sympathie, la confiance et
l’admiration ont malheureusement des formules plus concises que l’aversion, la
critique et le commérage. Je n’ai pas la sainteté infuse avec la vie, mais j’ai
la poésie pour condition d’existence, et tout ce qui tue trop cruellement le
rêve du bon, du simple et du vrai, qui seule me soutient contre l’effroi du
siècle, est une torture à laquelle je me dérobe autant qu’il m’est
possible."
George Sand, extrait de
l'Histoire de ma vie.
Photo : Peinture représentant
George Sand et Casimir Dudevant
*
Deux citations de George Sand...sur une page manuscrite par Aurore Sand
"Croire !
Mon dieu si c'était vrai. Vous me permettriez de le croire, car qui plus que moi vous a demandé la foi ? Qui a l'âme plus dégagée de tout ce qui peut empêcher la foi d'y descendre ? "
George Sand
Mon dieu si c'était vrai. Vous me permettriez de le croire, car qui plus que moi vous a demandé la foi ? Qui a l'âme plus dégagée de tout ce qui peut empêcher la foi d'y descendre ? "
George Sand
Photos : La vue sur l'église
Ste Anne de Nohant par l'atelier de Maurice Sand (photo de Lapinou wink emoticon )
Page mansucrite par Aurore Sand.
Page mansucrite par Aurore Sand.
*
" Permets le moi ! Ote moi le sentiment du devoir, ôte moi l’amour
maternel, ôte moi la pitié, ôte moi la conscience, ôte moi la pensée que je
puis encore faire quelques bien.
Permets-moi d’en finir."
Permets-moi d’en finir."
George Sand
Photos : Cadre composé des
photos, à gauche Maurice Sand en habit de pompier, à droite Lina sand son
épouse, en bas à gauche Garbielle sand et Aurore sand les filles de maurice et
petites filles de George Sand (coll privée).
Page manuscrite de la main de
Aurore Sand.
*
Nohant jeudi 26 Novembre 1874
Toujours très froid...(Mon
carnet George Sand : et pour avoir lu les pages suivantes...demain il neige !)
Photo : page de l'agenda de
george Sand
*
"Au bord d'une fontaine je me suis reposé, j'etais bien
fatigué, voyez ! j'étais bien fatigué. Vallée Noir" GS
Extrais de la Vallée Noir
George Sand, retranscrit par Aurore Sand sa petite fille.
Photos : Bassin à l'arriere de
la maison de Nohant, avec le chateau en reflet dans l'eau fraiche.
Page mansucrite de la main de Aurore Sand.
Page mansucrite de la main de Aurore Sand.
*
"Un serment d’amour et de fidélité est un crime ou une lâcheté, quand
la bouche prononce ce que le cœur désavoue, et on peut tout exiger d’un homme,
excepté une lâcheté et un crime. Hors ce cas-là, mon ami, c'est-à-dire hors le
cas où il voudrait accomplir un sacrifice trop rude, je pense qu’il ne faut pas
combattre ses idées, et ne pas violenter ses instincts. Si son cœur peut, comme
le mien, contenir deux amours bien différents, l’un qui est pour ainsi dire le
corps de la vie, l’autre qui en sera l’âme, ce sera
le mieux, parce que notre situation sera à l’avenant de nos sentiments et de
nos pensées. De même qu’on n’est pas tous les jours sublimes, on n’est pas tous
les jours heureux. Nous ne nous verrons pas tous les jours, nous ne possèderons
pas tous les jours le feu sacré, mais il y aura de beaux jours et de saintes
flammes..."
George Sand, Nohant fin mai
1838.
Extrait d'une longue lettre concernant sa relation avec Frédéric Chopin adressée a Albert Grzymala.
Extrait d'une longue lettre concernant sa relation avec Frédéric Chopin adressée a Albert Grzymala.
Photos : Un matin à Nohant.
*
L'obligeance de M""
Lauth-Sand, jointe au goût très sûr du conservateur de Carnavalet, nous
permettent sur ce sujet une documentation doublement intéressante, puisque les
bijoux exposés font partie de l'Écrin de George Sand
Dans la salle où sont les gracieux
fauteuils d'Aurore de Saxe, le portrait d Aurore de Koemgsmark et le pastel
peint par Latour, de son fils, ce séduisant maréchal de Saxe, aimé tour à tour
d Anna Ivanovna, nièce de Pierre-le-Grand et impératrice de Russie, de la
duchesse de Bouillon et d'Adrienne Lecouvreur la vitrine centrale renferme les
souvenirs qu'une main pieuse exhala du coffret grand-maternel.
Point de perles en triple rang ni de
pierreries superbes, si ce n'est toutefois le rubis rectangulaire entouré de
roses anciennes une bague du temps de Louis XVI, donnée par Aurore de Saxe à sa
petite fille George Sand.
"Je ne veux pas me laisser
emporter par le rêve, et cependant, sous ce rubis serti de diamants grisâtres;
je vois les doigts blancs d'Aurore de Saxe, pinçant ses satins brochés, sur les
parquets de Chambord. Comme bijoux de famille, il y a encore les boutons
d'habit du père de George Sand, Dupin de Francueil, en strass monté d'argent et
en médaillon de Weegwood entouré d'acier, et puis enfin les siens, la petite
bague si romantique où deux coeurs de grenats sont accolés et flambent en
étincelles de diamants, celle d'émail noir où fleurissent les bouquets de
roses, un petit cabochon de rubis monté sur or émaillé à la façon des bijoux de
la Renaissance. Une réminiscence des bijoux romains, un serpent d'émail bleu
pavé de brillants.
Des broches en camées, très larges
comme celui qu'on lui voit dans le beau portrait peint par Auguste Charpentier
; dans la coiffure et au-dessus de la robe sombre, seul un bouquet de fleurs
des champs éclaire l'ardent visage brun, une autre où deux coeurs, grenat et
strass, s'entrelacent; beaucoup de coraux,un ruban de velours noir perlé de
myosotis en turquoises, un de ces rubans qu'on attachait derrière la nuque en
une longue boucle, et enfin des bracelets «au sentiment», bracelets de cheveux
tressés agrafés d'or, et par un médaillon entouré d'émail blanc où sous verre
les mêmes cheveux ont inscrit :« Je les chéris ».
Près de la montre extra-plate en or
guilloché décoré de feuillages bleus et que Chopin donna en 1840 à Maurice
Sand, du poinçon d'argent qui fut celui de Calamatta, lourd, sans style,
faisant un grand pas au delà de l'époque romantique, voici la gourmette d'or
massif qu'offrit à George Sand pour mon baptême, le Prince Napoléon. Le
médaillon ovale, déjà très second empire, s'enchâsse d'un pavage d'émeraudes et
de brillants. Présent pompeux, bourgeois et pas artistique, un de ces bracelets
qu'on voit encore au bras des dames de la société, en province, pour les
fêtes carillonnées.
Chaîne qui pesa au poignet si joliment modelé de la bonne dame de Nohant, joyau, cadeau de prince auquel devait s’accrocher le regard des paysans de « son » Berry, comme vous représentez mieux notre France que ne sauront jamais le taire dans les siècles a venir, les émeraudes fantastiques, les solitaires en bouchon de carafe et les colliers a scandale vers lesquels aspire le temps présent."
fêtes carillonnées.
Chaîne qui pesa au poignet si joliment modelé de la bonne dame de Nohant, joyau, cadeau de prince auquel devait s’accrocher le regard des paysans de « son » Berry, comme vous représentez mieux notre France que ne sauront jamais le taire dans les siècles a venir, les émeraudes fantastiques, les solitaires en bouchon de carafe et les colliers a scandale vers lesquels aspire le temps présent."
Aurore Lauth Sand, petite fille de
George Sand,
Paris 23 janvier 1927.
Paris 23 janvier 1927.
Photos d'une partie des bijoux
présentés par Aurore Sand.
George Sand, ma grand-mère...Aurore Sand.
" Il y avait un air de douceur et d’intime bonté
dans cette chambre, c'était la pièce où elle vivait une partie de la nuit pour
s'y reposer…dormir... et mourir."
George Sand aimait ces souvenirs ; elle conservait avec
une intime affection tout ce qui lui venait de sa grand-mère et des autres
amitiés de sa vie.
Sa chambre à Nohant (nous parlons de la dernière qu'elle habita, car elle en changea plusieurs fois) était bleue, d'un bleu puissant, avec des médaillons gris, à sujets.
Les rideaux et les fauteuils étaient de même couleur et de même dessin. Sur sa cheminée, des potiches de vieux Chine, une ravissante pendulette Louis XV; sur la table du milieu, une coupe de Chine encore, et une commode demi-lune, en marqueterie, que lui donna Chopin.
Sa chambre à Nohant (nous parlons de la dernière qu'elle habita, car elle en changea plusieurs fois) était bleue, d'un bleu puissant, avec des médaillons gris, à sujets.
Les rideaux et les fauteuils étaient de même couleur et de même dessin. Sur sa cheminée, des potiches de vieux Chine, une ravissante pendulette Louis XV; sur la table du milieu, une coupe de Chine encore, et une commode demi-lune, en marqueterie, que lui donna Chopin.
Aux murs, les portraits de
famille, des souvenirs tels que des fleurs séchées, un reliquaire ayant
appartenu à la religieuse qu'elle vénérait lors de sa jeunesse au couvent des
Anglaises et qui s'occupait d'elle comme une mère, des photographies récentes
de ses petites-filles, le portrait du petit « Marquis », qui inspira à Chopin
la valse dite « du petit chien », le portrait de Nini, la fille de sa fille,
morte enfant, la photographie de la maison où naquit le maréchal de Saxe à
Gozlar, les portraits de Maurice et de Solange, ses enfants, dessinés par
Pauline Viardot, la célèbre cantatrice, enfin, maints bibelots variés rappelant
des êtres chers, perdus ou vivants.
Il y avait un air de douceur et d’intime bonté dans cette chambre, c'était la pièce où elle vivait une partie de la nuit pour s'y reposer…dormir... et mourir.
Il y avait un air de douceur et d’intime bonté dans cette chambre, c'était la pièce où elle vivait une partie de la nuit pour s'y reposer…dormir... et mourir.
Le reste du temps elle écrivait
ou lisait, à côté, dans son cabinet de travail.
Elle y avait placé des livres qui garnissaient le mur d’un côté, face à son bureau, tous livres d'histoire, de philosophie ou des classiques.
Derrière elle, s'étageaient, posés sur des rayons, des échantillons minéralogiques presque tous rapportés par son fils Maurice, de leurs promenades aux environs.
Dans la pièce attenante, qui était la bibliothèque générale, elle avait installé son herbier, car elle était botaniste distinguée.
Elle y avait placé des livres qui garnissaient le mur d’un côté, face à son bureau, tous livres d'histoire, de philosophie ou des classiques.
Derrière elle, s'étageaient, posés sur des rayons, des échantillons minéralogiques presque tous rapportés par son fils Maurice, de leurs promenades aux environs.
Dans la pièce attenante, qui était la bibliothèque générale, elle avait installé son herbier, car elle était botaniste distinguée.
Cet intérieur paraîtrait celui
d'un homme, savant ou artiste, si on ne savait que nous parlons d'une femme.
Mais c'est qu'elle incarnait une âme virile, un coeur généreux et féminin, un
génie philosophique, artiste et altruiste, en même temps qu’un coeur de
chrétien des premiers âges, doublé d'un esprit studieux, intuitif, psychologue
et largement humain.
Aurore Sand, Nohant février
1933.
Photos : Chambre de George
Sand, avant 1950.
*
George Sand intime joliment
racontée par Aurore Sand sa petite fille.
George Sand était de taille
moyenne (lm58), brune, de peau mate ; de jolies petites mains, des pieds
charmants, de grands yeux noirs aux sourcils fins et presque droits. Un beau
nez aquilin, sans exagération, Une bouche moyenne, bien dessinée, épanouie, un
léger embonpoint dans l'âge mûr, après une sveltesse de sylphe ; toujours
soignée, simple et élégante.
Très souvent, dans sa jeunesse, chez elle, en pantalon turc. (Elle est la première
qui porta le pyjama, qui fuma, même le narguilé.)
Elle montait à cheval quotidiennement et ainsi s'en allait soigner les malades dans la campagne, sa petite trousse à l'arçon de sa selle.
Elle était belle dans sa chevelure ondée, courte et sombre, car si elle coupa ses cheveux par chagrin d'amour, ils repoussèrent vigoureux et magnifiques.
Très souvent, dans sa jeunesse, chez elle, en pantalon turc. (Elle est la première
qui porta le pyjama, qui fuma, même le narguilé.)
Elle montait à cheval quotidiennement et ainsi s'en allait soigner les malades dans la campagne, sa petite trousse à l'arçon de sa selle.
Elle était belle dans sa chevelure ondée, courte et sombre, car si elle coupa ses cheveux par chagrin d'amour, ils repoussèrent vigoureux et magnifiques.
Elle se chaussait et
s'habillait avec une recherche simple et originale, tout en suivant là mode. En
1835-36, elle était considérée comme « une lionne ».
Cependant, elle était alors presque toujours vêtue d'une robe de soie noire. Le soir, elle mettait des fleurs naturelles dans ses cheveux, beaucoup de bagues, parfois une grande mantille noire, en « blonde » espagnole ; autour du cou, un petit rang de corail taillé, très rouge, dés souliers de satin noir et dés bas de soie noire fins comme une gaze.
Cependant, elle était alors presque toujours vêtue d'une robe de soie noire. Le soir, elle mettait des fleurs naturelles dans ses cheveux, beaucoup de bagues, parfois une grande mantille noire, en « blonde » espagnole ; autour du cou, un petit rang de corail taillé, très rouge, dés souliers de satin noir et dés bas de soie noire fins comme une gaze.
Ses parfums étaient discrets :
les odeurs violentes lui déplaisaient. Elle lavait son visage matin et soir, à
l'aide d'un coin de serviette mouillée d'eau fraîche et enduite d'un cojd-cream
qu'elle préparait elle-même, ou qu'elle faisait venir de là Maison Rafin,
avenue Victoria (5 de l’avenue Paris 1er). C'était M. Arrault qui avait, je
crois, fondé cette maison, et avait donné l'eau de toilette dont elle se
servait le nom « d'eau George Sand ».
« Mais, enfin, me dit une de
mes lectrices, vous parlez d'elle comme d'une femme essentiellement féminine...
et vous ne me dites rien sur ses vêtements masculins, pourquoi ? » J'allais
l'oublier, tant ils ne furent portés pour ainsi dire qu'accidentellement, par
nécessité littéraire et économique.
Il faut d'abord rappeler qu'à
cette époque les jeunes filles nobles revêtaient assez souvent, pour la chasse
ou pour le cheval, le vêtement masculin, George Sand, jeune fille, entraînée
par le vieux précepteur de son père à faire de longues promenades, dut prendre
l'habitude de ce costume, dès ce moment et, à son arrivée à Paris, en pleine
époque romantique, lorsque commença sa vie indépendante et courageuse, elle
revêtit des vêtements d'homme pour passer inaperçue et aller au théâtre aux
places
d 'étudiants.
Sa petite redingote noire, son large foulard, son pantalon à pli, cachaient son corps mince, et son visage encadré dé cheveux courts, la faisaient passer pour un tout jeune garçon aux yeux de ses voisins. Qui donc, de nous, pourrait reprocher à cette femme, déjà mère de deux enfants qu'elle adorait, ce subterfuge qui excluait toute coquetterie et lui permettait son travail littéraire, à peu de frais ?
d 'étudiants.
Sa petite redingote noire, son large foulard, son pantalon à pli, cachaient son corps mince, et son visage encadré dé cheveux courts, la faisaient passer pour un tout jeune garçon aux yeux de ses voisins. Qui donc, de nous, pourrait reprocher à cette femme, déjà mère de deux enfants qu'elle adorait, ce subterfuge qui excluait toute coquetterie et lui permettait son travail littéraire, à peu de frais ?
Cette « mauvaise tenue »,
disaient les provinciales de cette époque, était un
«scandale » ! Que diraient-elles des femmes d'aujourd'hui en pyjamas si décolletés qu'il n'y a plus de corsage et presque plus de pantalon !
«scandale » ! Que diraient-elles des femmes d'aujourd'hui en pyjamas si décolletés qu'il n'y a plus de corsage et presque plus de pantalon !
Aurore Sand.
Nohant, Février 1933.
Nohant, Février 1933.
Photos : Souvenirs, objets du
quotidien de George Sand, Maison Algira de Gargilesse.
*
Les souvenirs de
George Sand
Paris 1923, Aurore Lauth-Sand, petite-fille et dernière
descendante de George Sand, fait don au Musée Carnavalet de nombreux souvenirs
de sa grand-mère. Portraits, meubles, bijoux, souvenirs personnels forment un
ensemble d'autant plus précieux que souvent l'intérêt historique se double
d'une valeur d'art.
Une collection qui vient de Nohant où toutes choses se trouvaient à la mort de George Sand, ce qui appartient au XVIIIe siècle lui avait étélaissé par sa grand-mère, Aurore Dupin de Francueil.
Actuellement les souvenirs de George Sand sont au Musée de la Vie Romantique à Paris.
Une collection qui vient de Nohant où toutes choses se trouvaient à la mort de George Sand, ce qui appartient au XVIIIe siècle lui avait étélaissé par sa grand-mère, Aurore Dupin de Francueil.
Actuellement les souvenirs de George Sand sont au Musée de la Vie Romantique à Paris.
Le Préfet de la Seine remerciait
le 20 novembre 1923 Madame Aurore Lauth-Sand en ces termes :
"Le don magnifique que vous venez de faire au Musée Carnavalet est un précieux témoignage de l'intérêt que vous portez à nos collections. La Ville de Paris sera fière d'être constituée la gardienne d'un si bel ensemble de souvenirs qui se rattachent à votre illustre aïeule, à sa famille et à son entourage".
"Le don magnifique que vous venez de faire au Musée Carnavalet est un précieux témoignage de l'intérêt que vous portez à nos collections. La Ville de Paris sera fière d'être constituée la gardienne d'un si bel ensemble de souvenirs qui se rattachent à votre illustre aïeule, à sa famille et à son entourage".
Photo : La salle : "Les
souvenirs de George Sand" au musée Carnavalet. Coll privée.
*
George Sand et Alfred de
Musset, deux gloires de l'époque romantique, se sont aimés, et se sont quittés
à Venise en 1832, après des trahisons et des déchirements.
L'histoire des amants de Venise est restée célèbre; les manuels scolaires l'ont racontée, et des livres entiers lui ont été consacrés. Le récit su'en ont fait ses deux acteurs n'est lui, connu que es érudits. Il est tout entier dans les soixante lettres spirituelles, passionnées, passionnantes, qu'ils ont échangées et que George Sand a tenu à préserver dans l'intérêt de la vérité.
Françoise Sagan a lu ces lettres et s'est interrogée sur les sentiments des deux personnages. Elle a tenté de comprendre ce qui s'était réellement passé entre cette jeune femme qui ne ressemblait à personne et qui séduisait tout le monde et son gamin d'Alfred de huit ans son cadet, poète génial, alcoolique et piètre amant sans doute.
L'histoire des amants de Venise est restée célèbre; les manuels scolaires l'ont racontée, et des livres entiers lui ont été consacrés. Le récit su'en ont fait ses deux acteurs n'est lui, connu que es érudits. Il est tout entier dans les soixante lettres spirituelles, passionnées, passionnantes, qu'ils ont échangées et que George Sand a tenu à préserver dans l'intérêt de la vérité.
Françoise Sagan a lu ces lettres et s'est interrogée sur les sentiments des deux personnages. Elle a tenté de comprendre ce qui s'était réellement passé entre cette jeune femme qui ne ressemblait à personne et qui séduisait tout le monde et son gamin d'Alfred de huit ans son cadet, poète génial, alcoolique et piètre amant sans doute.
"Madame,
Je prends la liberté de vous
envoyer quelques vers que je viens d'écrire en relisant un chapitre d'Indiana,
celui où Noun reçoit Raimond dans la chambre de sa maîtresse. Leur peu de
valeur
m'avait fait hésiter à les mettre sous vos yeux, s'ils n'étaient pour moi une occasion de vous exprimer le sentiment d'admiration sincère et profonde qui les a inspirés.
m'avait fait hésiter à les mettre sous vos yeux, s'ils n'étaient pour moi une occasion de vous exprimer le sentiment d'admiration sincère et profonde qui les a inspirés.
Agréez, Madame, l'assurance de
mon respect.
Alfred de Musset, le 24 juin 1833 à Paris."
Alfred de Musset, le 24 juin 1833 à Paris."
Sand, quand tu l'écrivais, où
donc l'avais-tu vue,
Cette scène terrible où Noun, à demi-nue,
Sur le lit d'Indiana s'enivre avec Raimond?
Qui donc te la dictait, cette page brûlante
Où l'amour cherche en vain, d'une main palpitante,
Le fantôme adoré de son illusion?
Cette scène terrible où Noun, à demi-nue,
Sur le lit d'Indiana s'enivre avec Raimond?
Qui donc te la dictait, cette page brûlante
Où l'amour cherche en vain, d'une main palpitante,
Le fantôme adoré de son illusion?
En as-tu dans le cœur la triste
expérience?
Ce qu'éprouve Raymond, te le rappelais-tu?
Et tous ces sentiments d'une vague souffrance
Ces plaisirs sans bonheur, si pleins d'un vide immense,
As-tu rêvé cela, George, ou t'en souviens-tu?
Ce qu'éprouve Raymond, te le rappelais-tu?
Et tous ces sentiments d'une vague souffrance
Ces plaisirs sans bonheur, si pleins d'un vide immense,
As-tu rêvé cela, George, ou t'en souviens-tu?
N'est-ce pas le réel dans toute
sa tristesse,
Que cette pauvre Noun, les yeux baignés de pleurs,
Versant à son ami le vin de sa maîtresse,
Croyant que le bonheur, c'est une nuit d'ivresse,
Et que la volupté, c'est le parfum des fleurs?
Que cette pauvre Noun, les yeux baignés de pleurs,
Versant à son ami le vin de sa maîtresse,
Croyant que le bonheur, c'est une nuit d'ivresse,
Et que la volupté, c'est le parfum des fleurs?
Et cet être divin, cette femme
angélique,
Que dans l'air embaumé Raimond voit voltiger,
Cette frêle Indiana, dont la forme magique
Erre sur les miroirs comme un spectre léger,
Que dans l'air embaumé Raimond voit voltiger,
Cette frêle Indiana, dont la forme magique
Erre sur les miroirs comme un spectre léger,
O George! n'est-ce pas la pâle
fiancée
Dont l'Ange du désir est l'immortel amant?
N'est-ce pas l'Idéal, cette amour insensée
Qui sur tous les amours plane éternellement?
Dont l'Ange du désir est l'immortel amant?
N'est-ce pas l'Idéal, cette amour insensée
Qui sur tous les amours plane éternellement?
Ah! malheur à celui qui lui
livre son âme,
Qui couvre de baisers sur le corps d'une femme
Le fantôme d'une autre, et qui sur la beauté
Veut boire l'Idéal dans la réalité!
Qui couvre de baisers sur le corps d'une femme
Le fantôme d'une autre, et qui sur la beauté
Veut boire l'Idéal dans la réalité!
Malheur à l'imprudent qui,
lorsque Noun l'embrasse,
Peut penser autre chose, en entrant dans son lit,
Sinon que Noun est belle et que le temps qui passe
A compté sur ses doigts les heures de la nuit!
Peut penser autre chose, en entrant dans son lit,
Sinon que Noun est belle et que le temps qui passe
A compté sur ses doigts les heures de la nuit!
Demain viendra le jour; demain,
désabusée,
Noun, la fidèle Noun, par la douleur brisée,
Rejoindra sous les eaux l'ombre d'Ophélia;
Elle abandonnera celui qui la méprise,
Noun, la fidèle Noun, par la douleur brisée,
Rejoindra sous les eaux l'ombre d'Ophélia;
Elle abandonnera celui qui la méprise,
Et le cœur orgueilleux qui ne
l'a pas comprise
Aimera l'autre en vain, - n'est-ce pas, Lélia?
Aimera l'autre en vain, - n'est-ce pas, Lélia?
Photo : Sur des pages
autographes les auteurs en photos, George Sand, Françoise Sagan, et Alfred de
Musset.
Sand et Musset, lettres d'amour
présentées par Françoise Sagan.
*
"Je m'imaginais me
résumer. Est-ce qu'on peut se résumer ? Est-ce qu'on peut se connaître ? Est-ce
qu'on est jamais quelqu'un ? Je n'en sais plus rien. Il me semble qu'on change
de jour en jour et qu'au bout de quelques années on est un être nouveau."
George Sand, extrait du Journal
Intime.
Photo : Entrée de la maison de
Nohant en fin de journée.
*
" La vie est un chemin
aride et périlleux sur lequel il faut marcher jusqu'au jour de sa mort."
George Sand, extrait de Jacques
1834.
Photo : La maison de Nohant vue
de la route.
*
" Eh bien moi, je ne veux
pas mourir. Je veux aimer. Je veux rajeunir, je veux vivre."
George Sand, extrait de Journal
intime.
Photo : Livre Journal intime de
George Sand publié par Aurore Sand sa petite fille.
*
" Ne crois pas, ne crois pas, Alfred, que je puisse être heureuse avec
la pensée d’avoir perdu ton cœur. Que j’aie été ta maîtresse ou ta mère, peu
importe. Que je t’aie inspiré de l’amour ou de l’amitié ; que j’aie été
heureuse ou malheureuse avec toi, tout cela ne change rien à l’état de mon âme
à présent. Je sais que je t’aime et c’est tout. Veiller sur toi, te préserver
de tout mal, de toute contrariété, t’entourer de distractions et de plaisirs,
voilà tout le besoin et le regret que je sens
depuis que je t’ai perdu."
George Sand à Alfred de Musset,
Venise, le 15 avril 1834.
Photo : Dessin aquarelle de
Maurice Sand
*
"La vie des enfants est un
miroir magique, où les objets réels deviennent les riantes images de leurs
rêves ; mais un jour arrive où le talisman perd sa vertu, ou bien la glace se
brise et les éclats sont dispersés pour ne jamais se réunir."
George Sand, extrait d'Histoire
de ma vie.
Photo : Statuette en terre
cuite en reflet dans le miroir de la chambre de George Sand à Nohant.
*
Fin d'une lettre de quatre pages...George Sand y donne des conseils de vie
à un jeune homme...elle termine simplement :
"Moi je me porte bien, je compte passer ici au moins deux mois, c'est donc ici qu'il faut m'écrire.
Maurice et Lina t'embrassent.
G Sand
"Moi je me porte bien, je compte passer ici au moins deux mois, c'est donc ici qu'il faut m'écrire.
Maurice et Lina t'embrassent.
G Sand
Photo : fin de la lettre, coll
privée.
*
"Ce qui nous touche et
nous charme dans le chant des oiseaux, ce n’est pas tant cette mélodie
étrangère à nos conventions musicales, et la puissance extraordinaire de ce
timbre flexible, qu’un certain accent d’innocence primitive, dont rien ne peut
donner l’idée dans la langue des hommes."
George Sand
Photo : Dessin aquarelle daté
de 1832 attribué à George Sand, association de fleurs, d'oiseaux et d'insectes,
cette composition ornementale est prévue à l'origine pour encadrer un ou deux
textes.
*
"Écoutez ; ma vie, c'est
la vôtre ; car vous qui me lisez, vous n'êtes point lancés dans le fracas des
intérêts de ce monde, autrement vous me repousseriez avec ennui. Vous êtes des
rêveurs comme moi. Dès lors tout ce qui m'arrête en mon chemin vous a arrêtés
aussi. Vous avez cherché, comme moi, à vous rendre raison de votre existence,
et vous avez posé quelques conclusions. Comparez les miennes aux vôtres. Pesez
et prononcez. La vérité ne sort que de l'examen."
George Sand, histoire de ma
vie.
*
Je travaille la nuit.
Je monte à cheval le jour.
Je joue au billard le soir.
Je dors le matin.
C'est toujours la même vie...
Je monte à cheval le jour.
Je joue au billard le soir.
Je dors le matin.
C'est toujours la même vie...
George Sand.
Pompiey
Le nom de ce petit bourg rappelle ces origines
gallo-romaines (« Pompei »). Pompiey est un de ces lieux sauvages et pittoresque
où le temps s'est arrêté. Territoire essentiellement recouvert par la forêt des
Landes et les chênes-lièges (« le plus beau des revenus ruraux de France »
comme disait Georges Sand), c'est un lieu idéal pour se balader et randonner,
les pieds dans le sable à la découverte de la faune et de la flore locale.
George Sand lors de son arrivée à La Maisonneuve, en 1825, qu’on connaît davantage sous le
nom du lieu-dit Guillery, a écrit dans Histoire de ma vie : c’est un « désert
affreux, une lande désolée, couverte d’arbres-liège, le plus beau revenu de
France, mais l’arbre le plus triste et le plus sombre... » Quelques années
après, elle révisera son jugement : « ici, toutes les journées se ressemblent,
je me lève tard, je déjeûne, je passe une heure ou deux au piano, je rentre
dans ma chambre, je lis ou je dessine jusqu’au dîner ».
Photo : Pompéi cette semaine.
*
" Vous n’avez pas le droit
de vous décourager si vite, le vin est tiré, il faut le boire. Il ne faut pas
vous dégoûter d’une chose à peine commencée. Celui qui se rebute aux premiers
ennuis n’est pas un homme, et, en changeant de projet tous les jours, on
n’inspire plus de confiance à personne. "
George Sand, La ville noire.
Photo : Bureau de George Sand à
Nohant.
*
" La loi de ce pays vous a
fait mon maître. Mais sur ma volonté, monsieur, vous ne pouvez rien.”
George Sand, Indiana.
Photo : Nohant à l'automne
*
" Je révoque en doute la
puissance de l'art. Je la méprise, je l'anéantis, je prétends que l'art n'est
pas né, qu'il n'existe pas, ou bien que, s'il a vécu, son temps est fait. Il
est usé, il n'a plus de formes, il n'a plus de souffle, il n'a plus de moyens
pour chanter la beauté du vrai."
George Sand, François le Champi
photo : Papier mural du salon
de Nohant
*
" J’ai voulu la solitude
pour me recueillir, pour m’interroger. Car abandonner ainsi sa vie sans rames
et sans gouvernail sur une mer plate et morne, c’est échouer de la plus triste
manière. Mieux vaut la tempête, mieux vaut la foudre : au moins on se voit, on
se sent périr. "
George Sand
Photo : Nohant la chambre de
George Sand.
*
" Les manières et le langage sont l’expression de l’esprit et du
caractère, et l’être moral semble se transformer quand l’être extérieur se décompose."
caractère, et l’être moral semble se transformer quand l’être extérieur se décompose."
George Sand
Photo : Dessin un air de Musset
à la harpe, George Sand au piano ?
*
" Et vous autres,
sceptiques matérialistes qui prétendez que le plaisir est tout, et qu'on peut
adorer ce qu'on n'admire pas, vous mentez encore plus. Vous mentez tous, aucun
de vous n'aima jamais. Je ne peux pas aimer sans bonheur, et je ne veux pas de
plaisirs sans amour. "
George Sand.
Photo : Dessin de Maurice Sand,
une vue sur les champs de Nohant coupée par une barrière en bois.
*
" Quiconque se sent
pénétré d'un amour vrai pour son art ne peut rien craindre..."
George Sand, Consuelo
Photo : Nohant, le pied de
l'arbre âme végétale vivante de Nohant.
*
" Il éprouvait donc, à la fois, le bonheur d'être aimé comme il ne
l'avait jamais été, la douleur de ne pas l'être avec l'emportement qu'il
ressentait lui-même, et la crainte de perdre ce bonheur en ne paraissant pas
s'en contenter. Ce triple effet de son amour remplit bientôt son âme, au point
de n'y plus laisser de place pour les rêveries vers lesquelles son inaction et
son isolement l'avaient forcé pendant si longtemps de se tourner. Il en fut
délivré comme par la force d'un enchantement; car
il les oublia, et l'image de celle qu'il aimait tint ses maux à distance, et
sembla s'être placée entre eux et lui, comme un bouclier céleste. "
George Sand, Consuelo.
Photo : Deux toiles, peinture à
l'huile, signées Maurice Sand à Nohant.
*
" La poésie m’avait crée d’autres facultés, immenses, magnifiques et
que rien sur la terre ne devait assouvir. La réalité a trouvé mon âme trop
vaste pour y être contenue un instant. Chaque jour devait marquer la ruine de
ma destinée devant mon orgueil, la ruine de mon orgueil désolé devant ses
propres triomphes. Ce fut une lute puissante et une victoire méprisable ; car,
à force de mépriser tout ce qui est, je conçus le mépris de moi-même, sotte et
vaine créature, qui ne savais jouir de rien à force
de vouloir jouir splendidement de toutes choses.
Oui, ce fut un grand et rude combat, car en nous enivrant la poésie ne nous dit pas qu’elle nous trompe. Elle se fait belle, simple, austère comme la vérité."
Oui, ce fut un grand et rude combat, car en nous enivrant la poésie ne nous dit pas qu’elle nous trompe. Elle se fait belle, simple, austère comme la vérité."
George Sand, Lélia.
Photo : Dessin représentant
George Sand et la princesse d'Agoult dans une loge au théâtre.
*
Maison de George Sand à Nohant ( page
FB ) :
Floraisons automnales...
Dans le jardin de George Sand,
les asters, les cosmos, les anémones du Japon, les sauges sont à leur apogée et
alimentent les bouquets pour la maison !
Maison de George Sand à Nohant ( page
FB ) :
Un salon accueillant…
A l'époque de George Sand, le salon
était la pièce où le soir, après le dîner (servi tôt, en fonction de la course
du soleil), la romancière, les membres de sa famille et ses hôtes, passaient le
plus de temps ensemble.
Les temps de veille étaient alors consacrés à la lecture à voix haute, aux travaux à l’aiguille, au dessin, au classement des collections naturalistes et à toutes sortes de jeux (cartes, échecs, jeu de l’oie…).
Les temps de veille étaient alors consacrés à la lecture à voix haute, aux travaux à l’aiguille, au dessin, au classement des collections naturalistes et à toutes sortes de jeux (cartes, échecs, jeu de l’oie…).
Afin de réunir tout le monde, George
Sand désira une grande table ovale, communisant ainsi ces activités auxquelles
on s’adonnait quasiment chaque jour de l’année (excepté les soirs où une
représentation théâtrale était donnée).
Commandée à un menuisier du village de Nohant, qui avait l’habitude depuis longtemps de travailler pour la romancière, cette grande table fédératrice _à propos de laquelle George Sand a écrit de belles lignes en préambule de son recueil de textes Autour de la table_ trône encore au centre du salon, qui est une des pièces de la maison restée la plus authentique puisqu’elle est restée quasi inchangée depuis la mort de la romancière.
Commandée à un menuisier du village de Nohant, qui avait l’habitude depuis longtemps de travailler pour la romancière, cette grande table fédératrice _à propos de laquelle George Sand a écrit de belles lignes en préambule de son recueil de textes Autour de la table_ trône encore au centre du salon, qui est une des pièces de la maison restée la plus authentique puisqu’elle est restée quasi inchangée depuis la mort de la romancière.
Un an avant sa mort, au printemps 1875,
George Sand demanda à Placide Verdot, photographe installée à Châteauroux, un
cliché de son salon ; voici les recommandations qu’elle écrivit à sa
belle-fille à cette occasion, afin d’optimiser la prise de vue :
« Mr Verdot fera demain matin la photographie du salon. Fais le ranger avec intelligence. Faire disparaître les vilains livres et les vilaines boîtes. Meubler la table et la console des jolis objets qui y sont avec un bouquet ou une plante dans le gros pot de faïence. Le grand piano avec une chaise et un tabouret, un cahier de musique comme pour la leçon des enfants. Tu peux laisser quelques journaux, des livres propres sur la table. Les chaises non rangées en cercle comme un conseil municipal, mais groupées sans apprêt… ».
« Mr Verdot fera demain matin la photographie du salon. Fais le ranger avec intelligence. Faire disparaître les vilains livres et les vilaines boîtes. Meubler la table et la console des jolis objets qui y sont avec un bouquet ou une plante dans le gros pot de faïence. Le grand piano avec une chaise et un tabouret, un cahier de musique comme pour la leçon des enfants. Tu peux laisser quelques journaux, des livres propres sur la table. Les chaises non rangées en cercle comme un conseil municipal, mais groupées sans apprêt… ».
Dans la salle à manger de George Sand,
un lustre en verre de Murano éclaire la table installée au centre de la pièce ;
son camaïeu de couleurs pastel tranche avec la sobriété des boiseries peintes
en gris clair.
Ordinairement, deux repas quotidiens
étaient servis dans cette pièce : le déjeuner entre 10 h et 11 h et le dîner
entre 17 h et 18 h, en fonction des saisons et de la course du soleil.
George Sand s’adonnant au travail
d’écriture durant la nuit, dormait le matin et n’était
généralement pas présente au déjeuner, rejoignant ses hôtes sur la fin du repas
ou mangeant sur le pouce un peu plus tard.
Exceptionnellement, à l’issue d’une
représentation théâtrale ou pour le réveillon de Noël, la salle à manger était
alors le cadre d’un souper servi entre 23 h et minuit.
A la lecture des nombreuses sources
écrites laissées par la romancière concernant ses habitudes de vie en Berry
(Correspondance et Agendas), on constate que la nourriture consommée à Nohant
était simple puisque fournie essentiellement par la culture potagère et
fruitière du jardin, par l’élevage des animaux de la cour de ferme et de la
basse-cour et par le gibier offert par beaucoup de chasseurs potentiels.
Dans la campagne isolée de Nohant-Vic,
l’autarcie alimentaire s’imposait.
Les jours de fête, la table de George
Sand était enrichie par des produits alimentaires plus exceptionnels : fruits
de mer provenant de la côte atlantique, fruits exotiques ou friandises de
toutes sortes.
Une cuisine bien équipée !
La cuisine de la Maison de George Sand
centralisait les activités domestiques. Cette grande pièce permettait l’accès à
la cour de ferme (par le biais d’une arrière-cuisine qui a conservé sa bassie)
afin d’aller puiser l’eau et soigner les bêtes ; on y trouvait aussi le
garde-manger et les équipements permettant de cuisiner (âtre, potager et
fourneau en fonte).
La grande table (en orme) de la cuisine de George Sand faisait office de plan de travail et permettait à la petite dizaine de domestiques de prendre leurs repas.
La grande table (en orme) de la cuisine de George Sand faisait office de plan de travail et permettait à la petite dizaine de domestiques de prendre leurs repas.
La correspondance de la romancière nous
renseigne précisément sur la manière dont elle gérait sa domesticité : le
recrutement, les conditions de travail, les engagements qu’elle avait envers
eux, la hauteur des gages, les attentes voire les exigences que George Sand
avait, les embarras (fréquents…) dans lesquels certains d’entre eux la
mettaient parfois…
Certaines lettres_écrites à des
correspondants bien ciblés_ sont amusantes car la romancière a tendance à la
moquerie ; elle a le sens de la formule pour dresser des portraits uniques de
ses domestiques, contre lesquels elle a souvent pesté, pour lesquels elle eut
aussi _ plus rarement..._des mots tendres.
Les lettres de George Sand sortent de
l’anonymat ces figures de villageois, de paysans berrichons, acculés par la
misère à s’engager à son service, pour quelques semaines ou pour une vie
entière ; figures à propos desquelles personne n’a rien écrit…
Completat azi : 15.01.2016 16:31:32
Nohant, le 24 mai 1874,
"Le griffonnage avec les fenêtres ouvertes et le
concert des rossignols et des fauvettes est souverainement agréable. Le métier
est agréable en lui-même et quel que soit le résultat. Il y a plaisir à
inventer des faits et des personnes logiques, tandis que, dans la vie réelle,
le contraire est continuel et insupportable."
George Sand à Charles Duvernet.
Photo : La fenêtre du bureau de
George Sand à Nohant.
*
Adaugat la 25/01/2016 13:50:00
"Nul ne sait où je suis! Certes
c'est une pensée d'isolement qui a son charme, un charme inexprimable, féroce
en apparence, légitime et doux dans le fond. Nous sommes faits pour vivre de la
vie de la réciprocité. La route du devoir est longue, rigide et n'a d'autre
horizon que la mort, qui est peut-être à peine le repos d'une nuit. Marchons
donc, et sans ménager nos pieds ! Mais si, dans des circonstances rares et
bienfaisantes, où le repos peut être inoffensif, et l'isolement sans remords, un vert sentier s'offre sous nos pas,
mettons à profit quelques heures de solitudes et de contemplation. Ces heures
nonchalantes sont bien nécessaires à l'homme actif et courageux pour retremper
ses forces; et je dis que, plus votre coeur est dévoré du zèle de la maison de
Dieu (qui n'est autre que l'humanité), plus vous êtes propre à apprécier
quelques instants d'isolement pour rentrer en possession de vous-même.
L'égoïste est seul et toujours partout. Son âme n'est jamais fatiguée d'aimer,
de souffrir, de persévérer; elle est inerte et froide, et n'a pas plus besoin
de sommeil et de silence qu'un cadavre. Celui qui aime est rarement seul, et,
quand il l'est, il s'en trouve bien. Son âme peut goûter une suspension
d'activité qui est comme le profond sommeil d'un corps vigoureux. Ce sommeil
est le bon témoignage des fatigues passées, et le précurseur des épreuves
nouvelles auxquelles il se prépare."
George Sand, extrait de Consuelo.
Photos : Nohant autrefois (Coll
privée).
"ll n'est aucun de nous qui, vivement frappé de certaines situations,
ne se soit trouvé plongé dans une de ces étranges rêveries où le moment présent
nous apparaît simultanément double, c'est à dire reflèté dans l'esprit comme
dans une glace. On s'imagine qu'on repasse par un chemin déjà parcouru, que
l'on se retrouve avec des personnes déjà connues dans une autre phase de la
vie, et que l'on recommence en tous points une scène du passé."
George Sand, extrait de L'homme de neige, 1859.
Photos : Nohant sous la neige
dans des hivers précédents.
*
Nohant lundi15 avril 1850,
"Tout va bien ici. On a toujours du calme, de la
gaieté, de la liberté, et une parfaite union domestique, jusqu'aux serviteurs,
jardiniers et palefreniers, on est gentil, bon enfant, et de bon accord. Est-ce
la campagne qui rend ainsi ? Je crois que oui."
George
Sand.
Photos : Nohant, beau Nohant.
*
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